mardi 12 août 2014

Que faire si je ne suis pas "à l'aise" avec mon psy ?

Deux cas de figure :
 
♦ Si vous êtes mal à l'aise dès le 1er rendez-vous, changez de psy !
La réussite d'un suivi thérapeutique résulte d'une rencontre. Il faut que "le courant passe" entre le patient et le psychologue.
La confiance met du temps à s'établir, il est vrai, mais si vous "ne le sentez pas", n'insistez pas.
Le patient doit pouvoir se projeter à la fin du 1er rendez-vous, autrement dit, il doit pouvoir s'imaginer en situation et s'interroger (même de manière vague) sur la suite du travail.
A la fin d'un premier rendez-vous, si je sens que la demande du patient n'est pas claire, je lui demande toujours s'il veut réellement que nous refixions un prochain rendez-vous. Il me semble important que, si le travail se poursuit, cela résulte véritablement du choix du patient, pas parce qu'il se sent obligé de revenir.
J'insiste également sur le fait que si le courant ne passe pas, avec moi, je peux le comprendre et fournir les coordonnées d'un confrère.
 
 
♦ Si vous êtes mal à l'aise au cours du travail thérapeutique, il faut en parler à votre psychologue.
Il est possible qu'inconsciemment sa manière de parler, son physique, son style vestimentaire (...) vous fasse penser à quelqu'un ou quelque chose d'autre. Cela fait donc écho à quelque chose de votre histoire personnelle et cela serait à travailler dans le cadre de la thérapie. Il est important que le psychologue le sache afin d'orienter le travail thérapeutique et vous aider à "creuser" et travailler les choses en profondeur.

mercredi 6 août 2014

Si je consulte un psy, cela veut dire que je suis "fou" ? Que je suis "malade" ?


"Fou" ? ... Absolument pas !!!
"Malade" ? ... pas plus ! 
Et puis, qu'est-ce que la folie ?... Que signifie "être malade" ?
 
Malheureusement, c'est une idée assez répandue ici, au Maroc : nombreux sont ceux qui souffrent en silence car faire la démarche d'aller consulter un psychologue est, quelque part, un aveu de "folie" ou, tout du moins d'instabilité "honteuse". Il n'en est rien.
 
Il est important de dédramatiser les choses : prendre la décision de consulter un psychologue, signifie simplement que l'on souffre et que l'on estime avoir besoin d'aide et d'écoute.
Il nous arrive à tous qu'un évènement dans notre vie privée ou professionnelle nous déstabilise, nous fragilise, nous attriste... Ce n'est en aucun cas, un signe de "maladie mentale".
 
Si vous faites la démarche de consulter un psychologue, c'est que vous estimez avoir besoin d'une aide extérieure et professionnelle.
Consulter un psychologue est une démarche personnelle. Vous n'avez pas à le dire à votre entourage, si vous ne le souhaitez pas. C'est votre démarche personnelle et cela ne regarde que Vous. 
 

samedi 12 juillet 2014

Pourquoi payer ?


Parce que le psychologue a aussi un loyer à payer (!) mais pas seulement...
L'argent a une valeur symbolique en thérapie : c'est  le prix que l'on donne au travail qui est effectué dans ce cadre précis ; il s'agit de la valeur donnée au travail sur soi.
 
Ainsi, payer sa psychothérapie avec son propre argent joue un rôle primordial : cela permet au patient de s'engager et de responsabiliser.
De ce fait, le patient en investissant son argent dans sa thérapie, mise d'une certaine manière sur un mieux-être et cela permet qu'il s'investisse activement dans le travail afin d'atteindre le but qu'il s'est fixé. Cela lui permet également de changer de statut : il n'est plus dans une position de victime qui subit ses souffrances ; il est à présent un acteur, actif, qui pense ses blessures et se donne les moyens de les panser.
 
En outre, symboliquement, cela revient aussi à laisser quelque chose de son passage dans ce lieu thérapeutique ; y laisser une trace du travail accompli.
 
Par ailleurs, payer ses séances permet également d'amoindrir une éventuelle relation de dépendance vis-à-vis du psychothérapeute. En effet, le patient n'a pas a se sentir redevable pour l'aide apportée par le psychologue :  il n'est pas en dette vis-à-vis de lui, puisqu'il a payé sa consultation.
Par ailleurs, l'argent engage également le psychologue : en acceptant l'argent de son patient il s'engage, en contrepartie, à assurer le suivi thérapeutique avec professionnalisme et éthique.
 
Cependant, si l'argent engage le patient et le psychologue, il faut bien garder à l'esprit qu'en faisant appel à un psychologue, le patient fait appel à ses compétences professionnelles, il ne "se paie pas un psy". 
J'insiste particulièrement sur ce fait car certains parents pensent, à tort, que le fait de payer les consultations de leur enfant leur donne un droit de contrôle sur la thérapie. En effet, il m'est arrivé d'entendre :  "Je vous paie pour que vous ordonniez à ma fille de faire ses devoirs !" ou encore "Je vous paie pour que vous fassiez comprendre à mon fils que sa mère est folle !" Non. En aucune façon.
Quel serait l'intérêt d'une thérapie dans de telles conditions ? Quel serait l'intérêt pour l'enfant d'aller voir un professionnel qui ne ferait que lui répéter ce qu'il entend déjà à longueur de journée ? ...
Je pense pas qu'aucun travail thérapeutique puisse être possible dans ces conditions et qu'en se pliant à de telles d'exigences le thérapeute risque, au contraire, de faire plus de mal que de bien.
 
 
Qu'en est-il des enfants et adolescents ?
L'on remarque parfois un manque d'investissement de la part d'un enfant ou d'un adolescent, au cours de la thérapie .
Afin d'aider le jeune à se réinvestir et à le responsabiliser vis-à-vis de son travail, le psychologue peut lui demander un paiement symbolique. Cela est à décider avec le jeune et il peut s'agir d'un paiement en argent (10dhs de son argent de poche), d'un dessin, ou autre... Il sera alors demandé à l'enfant de prévoir à l'avance son paiement afin de l'amener avec lui au moment de la consultation. 
Danc ce cas précis, le psychologue demandera donc deux paiements : un paiement en argent et un paiement symbolique.

lundi 9 juin 2014

Pourquoi, mon psy m'a demandé de payer une séance à laquelle je ne suis pas venu(e) ?


Lorsque vous prenez rendez-vous avec un psychologue, il met à votre disposition un espace thérapeutique et ses connaissances afin de vous aidez à travailler sur vous.
Ce lieu et ce temps thérapeutiques vous sont réservés, que vous les investissiez ou pas.
De la même manière que vous réglez tout de même la séance si vous choisissez de rester silencieux, il faudra régler la séance si vous ne l'avez pas annulée.
Cette séance vous est réservée, à vous et à personne d'autre, et il est de votre responsabilité de l'investir ou non.
C'est également pour cette raison que les consultations chez les psychologues sont SUR RENDEZ-VOUS : on ne décide pas de travailler sur soi, "sur un coup de tête", il y a tout un cheminement et une réflexion en amont qui conditionne l'investissement du patient.
 
Par ailleurs, si vous ne venez pas à un rendez-vous, et que vous n'annulez pas, vous posez un acte ; cela n'est pas anodin et a une signification qui est propre à votre problématique. Cela fait partie du travail thérapeutique et il est important d'en tenir compte.
En effet, si vous avez un empêchement ou qu'un évènement indépendant de votre volonté vous empêche de vous présenter à un rendez-vous, vous n'aurez aucune difficulté à prendre votre téléphone et reporter ce rendez-vous.
De ce fait, si vous n'annulez pas une séance, c'est que "quelque chose" vous en "empêche" : quelque chose se joue au travers de cet acte. Le passer sous silence en ne l'interrogeant pas, reviendrait à occulter quelque chose d'important et il pourrait y avoir des répercutions qui risquent d'entraver le bon déroulement du travail thérapeutique ultérieur.

vendredi 9 mai 2014

Combien coûte une consultation chez un psychologue ??

Le tarif des consultations est finalement assez variable d'un psychologue à un autre et d'une ville à l'autre.
Par exemple, les tarifs sont plus élevés sur Casablanca que sur Rabat, tout comme le coût de la vie et les salaires, d'un point de vue général.
 
Sur Rabat, les tarifs varient entre 250dhs et 400dhs. Tandis que sur Casablanca, il faut compter entre 300dhs et 600dhs, la séance. Il ne s'agit là que d'une moyenne car certains psychologues (casablancais, notamment) pratiquent des tarifs bien supérieurs : jusqu'à 1000dhs voire 1500dhs, la séance)
 
La profession n'étant pas encore règlementée, il n'y a pas de tarif imposé par la loi. C'est donc le psychologue qui fixe lui-même ses tarifs. De ce fait, un psychologue dont les tarifs sont plus élevés qu'un autre n'est pas forcément plus compétent.
Encore une fois, un "bon" psychologue est un psychologue qui VOUS convient, avec qui vous vous sentez à l'aise.
 
Si vous souhaitez connaitre le tarif des consultations avant de vous engager dans un travail thérapeutique, le plus simple est de le demander par téléphone pour ensuite décider ou non de prendre rendez-vous.

mardi 29 janvier 2013

Règles du jeu – bis

De par mon éducation j’ai appris à traiter avec autant de respect un médecin, un ministre, un tailleur ou un chômeur.
Je ne calcule pas le respect que j’accorde aux personnes par rapport à leur niveau d’études ou à leur niveau social ; cela serait condescendant, malhonnête, discriminatoire et sans aucun intérêt.

De plus, de par ma formation professionnelle en France, j’ai appris les rouages de la psychothérapie qui reposent sur la neutralité bienveillante et le respect de la souffrance d’autrui, ce, indépendamment du milieu social ou du niveau d’études de la personne.

De ce fait, je ne peux accéder à certaines demandes qui vont, selon moi, à l’encontre de mon éthique de travail.
Je ne peux accepter de faire des « séances gratuites » ou d’annuler le rdv programmé d’un autre patient sous prétexte que la personne qui l’exige est médecin.
Je ne travaille pas ainsi et les menaces ou insultes n’y changeront rien.

De ce fait, si vous envisagez d’entamer un travail thérapeutique avec l’idée que vous AVEZ DROIT  à un traitement de faveur, des compensations financières ou autres, du fait de la longueur de vos études ou de votre milieu social, par pitié,  passez votre chemin.
Je mets un point d'honneur à traiter tous mes patients avec le même respect et cela n'est pas négociable.

Je préfère de loin entendre un patient me dire « Merci. Je vous suis reconnaissant pour votre aide » que d’entendre « vous me faites des séances gratuites et en échange je vous envoie des patients », car cela je l'interprète comme une insulte à ma formation et à la pratique.

J’aime mon métier, il me passionne et quand je quitte le cabinet, le soir, épuisée, c’est avec le sentiment  d’avoir véritablement fait mon travail, sans compromis, ni concession.

Il est primordial pour moi de travailler avec honnêteté et dans une clarté absolue.

Lors d’une séance, je m’investis avec mon patient à 200%, il n'y a QUE lui qui compte durant la séance :
- jamais je ne réponds au téléphone durant une séance,
- jamais je n’aurai l’audace de juger ou de me moquer d’un patient,
- jamais je n’ai fait attendre un patient une éternité dans la salle d’attente,
- jamais je n’interromps une séance avant la fin
- je respecte scrupuleusement le secret professionnel
- je fais preuve de compassion, de compréhension, d’empathie, de bienveillance et de tolérance.
Je mets toutes mes compétences à son service, et je peux tout entendre.

Mais j’attends le même respect en retour : que la personne accepte les règles et le cadre thérapeutique ; qu’elle soit ponctuelle ou qu’en cas de léger retard elle m’en avertisse uniquement par sms, qu’en cas de désistement elle me prévienne au moins 24h à l’avance ou qu’elle règle la séance ratée, si elle refuse d’annuler le rendez-vous.

Ce n’est qu'au travers d'un respect mutuel qu’un travail thérapeutique efficace et de qualité peut s’effectuer.

Si j’ai choisi ce métier c’est pour aider les gens et me faire corrompre est quelque chose d’inconcevable pour moi.

Je n’ai pas besoin de me faire « bien voir » dans certains cercles, ma réputation parle d’elle-même et mon intégrité n’est pas à vendre.

J’ai pour unique ambition d’aider les gens à comprendre et apaiser leurs souffrances et ne ressens pas le besoin, pour y parvenir, de faire illusion en m’achetant une réputation.


lundi 5 novembre 2012

Qu'est-ce qu'un test psychométrique ?


Un test psychométrique est un outil de mesure des performances intellectuelles.
Lorsque les parents, psychiatrres ou écoles me demandent un bilan psychométrique, c'est le WISC IV que j'utilise. C'est, à mon sens, le test le plus complet et surtout le plus précis. Il s'adresse à des enfants de 6 ans à 16ans et 11 mois.

Ce test permet d'évaluer les aptitudes des enfants en compréhension verbale, raisonnement perceptif, vitesse de traitement et mémoire de travail. Chaque indice se compose de plusieurs subtests (plusieurs épreuves différentes), 10 au total.
 
Aptitudes testées :
Le WISC IV permet de mettre en lumière d'éventuelles difficultés en termes de raisonnement verbal, de formation des concepts verbaux, connaissance du lexique et niveau de développement du langage, et de connaissance des conventions comportementales et normes sociales.
Ce test éclaire également sur la perception et l'organisation visuelle, la reconnaissance visuelle des détails essentiels des objets, la mémoire à court et long terme et la coordination visuo-motrice.
Le WISC IV apporte également des informations quant à la capacité d'apprentissage, la flexibilité cognitive (capacité de passer d'une tâche à l'autre), les capacités de raisonnement, les aptitudes à anticiper et les capacités d'attention et de concentration.
 
Intérêts :
Ce test me parrait très utile dans la mesure où il renseigne sur les capacités cognitives de l'enfant ou de l'adolescent, mais surtout le place par rapport à la norme. (les normes ont été établies à partir d'un échantillon de 1100 enfants et adolescents). Cela permet donc de situer le jeune par rapport aux jeunes du même âge et de savoir si ses aptitudes correspondent à la norme ou si elles se situent au dessus ou au dessous de la norme.
Ce test peut également, dans le cas d'un échec scolaire, de cibler précisément les difficultés de l'enfant afin de mettre en place des aides adéquates et efficaces.
 
Validité :
 
 La durée de passation, varie entre 60 et 80 minutes, mais les épreuves étant courtes et très différentes, cela évite une lassitude qui pourrait biaiser les résultats.
 
Je demande généralement à voir l'enfant une première fois, afin de connaitre le pourquoi de cette passation (échec scolaire, difficulté de concentration,...) mais également afin d'établir la confiance. En effet, passer un test avec un étranger peut être très  intimidant ; mettre l'enfant en confiance lui permet donc de donner le meilleur de lui même, sans qu'une inhibition ne vienne biaiser les résultats et donc donner des résultats inférieurs aux capacités réelles de l'enfant.
 
L'idée de "bien faire", de "réussir" le test étant un grand facteur de stress, j'insiste particulièrement, auprès de l'enfant, sur le fait que s'il passe ce test c'est simplement pour que nous comprenions comment cela se passe dans sa tête et comment il réfléchit. J'insiste en disant qu'on lui demande simplement de faire de son mieux et qu'il n'a donc pas à s'inquiéter s'il se trompe, car il est normal de ne pas connaitre toutes les réponses. Cela permet de rassurer l'enfant en évitant qu'il ne se mette une pression supplémentaire.